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10 gouaches

Jean Hugo

10 gouaches
Jean   Hugo, 20e siècle
Gouache, 15 cm × 7 cm
Don de monsieur Jean Hilaire, 2018.

Arrière-petit-fils de Victor Hugo (petit fils de Charles et fils de Georges Hugo), Jean Hugo est une figure importante de l’entre-deux-guerres intellectuelle et artistique. Le musée Fabre lui a consacré en 1995 une importante rétrospective.

Depuis cette date plusieurs œuvres majeures sont venues enrichir le fonds de cet artiste : L’Imposteur, L’Homme au chandail rayé (1998), Le Puits (2004), Saint Antoine demandant son chemin à un centaure (2006), ainsi que plusieurs dessins, les arts graphiques occupant une place importante dans l’œuvre de l’artiste, en raison de son talent propre de dessinateur, ainsi que de ses incursions nombreuses dans le monde du spectacle et de l’illustration. Le musée s’attache de manière globale à constituer un fonds de référence sur ce peintre qui a passé plus de cinquante ans de sa vie à Lunel, dans le mas de Fourques, hérité de sa grand-mère, Pauline Ménard-Dorian.

Le très joli ensemble de dessins, gouache sur graphite, qui nous est proposé en don, au nombre de 10 de très petit format assemblé sous verre, illustre avec la fraicheur poétique caractéristique de l’artiste les travaux des champs, et leurs représentants : dans la partie haute, paysannes et paysans d’âge adulte, armés de faucilles et de râteaux, en période estivale ; et dans la partie inférieure, des garçons et des filles plus jeunes, en costume semi-automnal, en sabots ou pieds nus. Le tout rappelle les activités de décorateur et dessinateur de costumes, en particulier pour le théâtre que Jean Hugo pratiqua très tôt, au début des années vingt auprès de Jean Cocteau, puis de loin en loin jusque dans ses dernières années. Cocteau disait de lui, avant que leurs liens se distendent : « Sa main puissante, son gros œil jupitérien, son olympisme en quelque sorte, n’usent pas de foudres mais de petites gouaches si vastes qu’on dirait que leur taille résulte d’un simple phénomène de perspective. » Cet ensemble charmant de petits personnages complète heureusement les œuvres déjà conservées par le cabinet des arts graphiques du musée Fabre, sauvegardant ainsi le talent créatif de Jean Hugo dans le domaine de la mise en scène, théâtrale ou littéraire.