Retour à “Le Canada et l’impressionnisme”

À la campagne

Section 2

La vie parisienne est une expérience unique, non sans difficultés, pour ces jeunes expatriés. Pour ceux qui ne repartent pas chez eux, l’été qui marque la fin de la saison académique est l’occasion de fuir la capitale pour sillonner les régions avoisinantes. À l’instar des impressionnistes français, ils sont nombreux à explorer la campagne d’Île-de-France, installant leur chevalet au bord de la Seine et du Loing. Captant la finesse de la lumière et les miroitements des rivières, ils offrent des vues paisibles, qui invitent à la contemplation du lent passage des péniches ou du travail des lavandières affairées sur la berge.

08 Florence Carlyle - L’été à Paris

De nombreux artistes canadiens sont déjà familiers avec la peinture en plein air, grâce à la formation qu’ils ont reçue en Amérique du Nord. Cependant, la découverte des différents courants artistiques français bouscule leur manière d’appréhender la campagne. Le credo des impressionnistes – représenter non le paysage, mais la sensation qu’il produit – influence les scènes d’extérieur. Leur palette s’éclaircit de façon spectaculaire, tandis que la lumière elle-même devient un thème pictural, et ne sert plus simplement à définir l’espace et le volume.

13 Lettre d’Emily Carr - Les maux de la croissance - Paris

Selon leurs affinités, les Canadiens sillonnent le nord et l’ouest de la France, se joignant souvent à des colonies d’artistes de tous pays disséminées dans l’Oise, en Normandie ou en Bretagne. Ils s’intéressent autant à la population rurale, montrée dans ses activités quotidiennes, qu’à la bourgeoisie venant s’y détendre à l’écart de l’agitation urbaine. Nombre de ces paysages de France sont expédiés pour être exposés à Montréal ou Toronto. Pour le public canadien, les paysages de France et d’Europe sont dotés du charme de l’inconnu.