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Antipas observant une jeune fille et sa suivante sur une terrasse

Georges-Antoine Rochegrosse

Antipas observant une jeune fille et sa suivante sur une terrasse
Georges-Antoine Rochegrosse, 1892
Aquarelle et rehauts de gouache sur trait de crayon, 26 cm × 18 cm
Don de la Fondation d’Entreprise du musée Fabre, 2019.

Cette fine aquarelle avec rehauts de gouache a été exécutée par Georges Rochegrosse dans le cadre de la commande qu’il reçut de l’éditeur A. Ferroud pour l’illustration du conte « Hérodias », nouvelle qui clôt l’ouvrage « Trois Contes », écrit par Gustave Flaubert, et publié pour la première fois en 1877 par Charpentier.

Il s’agit du premier travail de l’artiste, déjà reconnu en tant que peintre, consacré à l’illustration d’un livre écrit par Gustave Flaubert, avant de s’atteler, toujours à la demande de l’éditeur Ferroud, au programme plus monumental de Salammbô. Pour ce faire, l’artiste, passionné d’archéologie et de reconstitution historique, part visiter Carthage, avant de s’établir à Alger et de devenir une des références à la fin du XIXe siècle de l’orientalisme en Algérie.

A cette aquarelle, qui vient rehausser de coloris subtils un dessin fin et gracieux, correspond l’illustration reproduite à l’eau-forte pour l’édition d’Hérodias. Le peintre a par la suite exécuté au moins deux versions de la scène dont l’une, d’un format moyen, est conservée au musée Fabre après avoir été acheté par la ville de Montpellier en 1894, sans doute directement auprès de l’artiste.

Préparatifs de voyage (Salomé)
Georges-Antoine Rochegrosse, Avant 1895
Huile sur toile, 46 cm × 41 cm
895.5.1
Musée Fabre Achat de la Ville, 1895

La confrontation de l’aquarelle et de l’huile sur toile montre que l’artiste, s’il a conservé globalement la scène principale, a par contre changé l’arrière-plan : d’une succession de toits et terrasses évoquant une ville médiévale arabe, le décor de la scène se transforme en cité imaginaire inspiré par des monuments et temples antiques. Cette transposition rappelle un procédé plutôt courant des orientalistes tels Gérôme etc, qui passaient avec une aisance remarquable, grâce à une solide érudition, de l’Antiquité romaine à l’Orient médiéval arabo-musulman.