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Chez Catelan

Laurent Catelan (v1568-1647)

Laurent Catalan est issu d’une longue lignée de maîtres apothicaires.

La famille Catelan, juifs marranes originaires d’Espagne, héberge les frères Platter durant leurs études montpelliéraines.

Laurent Catelan fait parler de lui avec sa conférence sur la thériaque donnée en 1606, à l’occasion de la préparation annuelle, qu’il transforme en grande cérémonie.

Également collectionneur renommé, il aménage chez lui un cabinet de curiosités, mélange de minéraux, plantes et animaux, de remèdes et plantes médicinales, mais aussi de parfums et produits d’embellissement. L’apothicaire montpelliérain se sert de sa collection à des fins de recherche et pour ses préparations. Il aimait à raconter avoir manqué de recevoir la visite de Louis XIII dans sa boutique, les médecins du roi craignant que les trop fortes odeurs ne contreviennent à la santé de celui-ci.

Pendant de longues années, il mène bataille pour l’indépendance de la profession d’apothicaire. Son « Traité des eaux distillées » est un ouvrage majeur.

D’où vient la thériaque ?

La thériaque, (nom employé dès le IIe siècle avant J.C,) qui vient du grec θήρ - bête sauvage, doit son nom à son but premier : servir de contrepoison ou antidote.

Remise au gout du jour - et sa recette amplifiée - grâce à la redécouverte de la médecine galénique (de Galien) - à la Renaissance, elle se compose à l’image de la Nature, telle qu’on la définissait alors, en trois règnes : le monde animal, avec le castoreum, sécrétion du castor (antispasmodique), le musc, extrait des glandes abdominales du cerf, et la vipère, ingrédient pilier du remède ; le monde minéral, avec l’asphalte (stimulante) ou la terre sigillée (contre la peste) ; le monde végétal, avec de nombreux extraits de plantes, mais également de champignons comme l’agaric blanc - les champignons étant encore considérés comme faisant partie du règne végétal et non pas comme un règne à part entière.

La thériaque de Montpellier

Basée sur la recette d’Andromaque, la thériaque de Montpellier compte parmi les plus riches, comportant jusqu’à 83 ingrédients aux multiples propriétés.

La présence de matières plus rares, et la qualité des drogues utilisées – la cité de Montpellier étant bien pourvue grâce à sa situation commerciale – lui valent le surnom de « thériaque fine ».

Elle contient notamment du miel de Narbonne, de l’eau de rose et du musc (glande abdominale du cerf).

Sa renommée se compare avec celle de Venise.

Pot de montre
Manufacture Jacques Ollivier, XVIIIe siècle
Faïence stannifère, décor de grand feu en camaïeu bleu et manganèse, 40 cm × 40 cm
D59.1.1
Musée Fabre Dépôt de la Bibliothèque municipale de Montpellier, 1959

Les cabinets de curiosité

Les premiers collectionneurs montpelliérains, au XVIe siècle, appartiennent au monde de la médecine et de la pharmacie.

Cabinet de curiosité, gravure, 1655
Museum Wormianum

Les cabinets désignent alors des lieux où sont exposés des objets rares, étranges, exotiques, en provenance des quatre coins du monde, de toutes les époques et appartiennent aux trois règnes animal, végétal et minéral. On y trouve aussi des productions humaines : antiquités, médailles, manuscrits, œuvres d’art…

Ces temples prétendent regrouper et enfermer tous les savoirs du monde. Ils donneront naissance, à la fin du XVIIIe siècle, aux musées des beaux-arts et d’histoire naturelle.