Retour à “Le Canada et l’impressionnisme”

De l’impressionnisme au modernisme

Section 9

La première Guerre mondiale a laissé l’Europe exsangue et propulsé la jeune nation canadienne sur la scène internationale. Dans la décennie qui suit, le pays connait un développement économique et industriel spectaculaire, dont les transformations urbaines sont le reflet. Sur la scène artistique, face au conservatisme dominant émerge une nouvelle esthétique moderniste, ambitionnant de créer un art original et propre à la nation. Les impressionnistes, et particulièrement Maurice Cullen qui depuis son retour poursuit ses explorations malgré les résistances du public, offrent un modèle de liberté esthétique aux jeunes peintres.

  • Le train en hiver
    Clarence Gagnon, Vers 1913-1914
    Huile sur toile, 56 cm × 71 cm
    Collection Donald R. Sobey
  • La récolte de la glace
    Maurice Cullen, Vers 1913
    Huile sur toile, 76 cm × 102 cm
    Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa Acheté en 1913
  • La croix de chemin en hiver
    Clarence Gagnon, 1916-1917
    Huile sur toile, 70 cm × 91 cm
    Musée des beaux-arts de l’Ontario Collection Thomson
  • Après la grand-messe, Berthier-en-Haut
    Kathleen Moir Morris, 1924
    Huile sur toile, 62 cm × 71 cm
    Musée des beaux-arts de Montréal Achat, don de William J. Morrice (1927.479)
  • Vieilles maisons, Baie-Saint-Paul
    Clarence Gagnon, Vers 1912
    Huile sur toile, 52 cm × 72 cm
    Collection particulière, Toronto
  • Anna
    Prudence Heward, Vers 1927
    Huile sur toile, 91 cm × 66 cm
    Musée des beaux-arts du Canada Acheté en 1928 (3537)

Une nouvelle génération artistique émerge, à qui le voyage formateur en Europe permet d’assimiler les courants post- impressionnistes, l’Art nouveau ou le fauvisme. Deux groupes s’affirment en 1920 : le Groupe des Sept à Toronto et le Groupe de Beaver Hall à Montréal. Les membres du Groupe des Sept constituent une école paysagiste ancrée dans une quête d’identité nationale. Le Groupe de Beaver Hall – du nom de la côte Beaver Hall à Montréal où se situent l’atelier et l’espace d’exposition – est plus éclectique. La vingtaine de jeunes artistes, hommes et femmes presque à part égale, qui le constituent s’emparent des sujets de la société d’après-guerre – portraits, vues urbaines, scènes de vie quotidienne. Le groupe laisse libre cours aux expressions individuelles sans idéologie commune autre qu’une farouche volonté de modernité. Autour de ces deux avant-gardes gravitent également des personnalités solitaires, comme Emily Carr qui se singularise par son appréhension spirituelle de l’art autochtone.

42 Cullen - La récolte de la glace
43 MacDonald - Pistes et trafic
44 Milne - The blossom pickers
45 Carr - Gitwangak
46 Lettre d’Emily Carr - Mémoires de voyage en Alaska