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L’Atelier de la rue de La Condamine

Dans son Atelier (1870), Bazille réfléchit à sa trajectoire d’artiste, depuis sa première incursion au Salon, en 1866, jusqu’au moment présent, représenté par La Toilette, encore inachevé, et ses compagnons d’armes qui l’ont tant aidé et encouragé dans son développement.

 L'atelier de Bazille, en 1870
L’atelier de Bazille, en 1870
Frédéric Bazille, 1870
Huile sur toile, 98 cm × 128 cm
RF 2449
Paris, musée d’Orsay Accepté par l’Etat à titre de legs de Marc Bazille aux Musées nationaux en 1924

De façon remarquable, il fait la part belle non pas à leurs succès, mais plutôt à leurs échecs. Les tableaux exposés le plus en hauteur ont tous été refusés par le jury du Salon – Paysage avec deux personnages en 1866, La Terrasse de Méric en 1867, et Le Pêcheur à l’épervier en 1869. Il parvient même à inclure des références à deux tableaux refusés supplémentaires : Diane chasseresse de Renoir, dont une étude est cachées sous la surface du tableau, et Jeune fille au piano de Bazille, dont la composition est reproduite, de façon ludique, dans la vignette à l’extrême droite représentant Maître au piano à côté d’un sofa au dossier arrondi en corbeille.

Le tableau de Bazille est, par essence, une sorte de plaisanterie rusée pour initiés qui met à l’honneur les œuvres que le jury obtus du Salon a refusées sans autre forme de procès, mais que ses collègues plus perspicaces apprécient.

Kimberly A. Jones
Conservateur associé au département des peintures françaises,
National Gallery of Art, Washington

Texte extrait du catalogue de l’exposition Bazille, le jeunesse de l’impressionnisme, 2016-2017, publié sous la direction de Michel Hilaire et Paul Perrin.