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Saint Roch

Cette église de style néo-gothique est édifiée entre 1860 et 1868 par l’architecte Cassan.

Elle est bâtie à l’emplacement qu’occupaient l’église Saint-Paul et le couvent des Trinitaires avant la Révolution.

Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille)
Michel Serre
musée Atger

En 1884, l’épidémie de choléra touche le Midi de la France, mais épargne la ville de Montpellier. Ce miracle est attribué au saint local Roch, saint guérisseur des pestiférés et des pèlerins. Pour le remercier, une souscription est lancée pour achever l’église et ériger une statue du saint en marbre de Carrare.

  • Auguste Baussan, Statue de Saint-Roch dans l’Eglise Saint Roch de Montpellier, 1894
  • “Le docteur Schnabel (docteur bec) de Rome” (Masque de médecin porté pendant la peste à Rome en 1656)
    Gravure sur cuivre de Paul Fuerst d’ap. J. Columbina

Entrez dans l’église, admirez la statue sur votre droite. Elle est réalisée par le sculpteur Auguste Baussan (1829-1907), qualifié de « Michel-Ange montpelliérain ». En observant le visage du saint, vous reconnaîtrez peut-être le peintre Frédéric Bazille, jeune protestant qui prête ses traits à ce saint catholique.

L’église Saint-Roch s’est enrichie au XIXe siècle d’objets d’art commandés aux meilleurs artistes montpelliérains.

Le cycle de peintures qui orne le chœur reprend les épisodes de sa courte vie cités dans ces diverses sources hagiographiques. Elles sont dues pour la plupart au pinceau du peintre montpelliérain Auguste-Barthélémy Glaize (1807-1893).

Auguste-Barthélémy Glaize (1807-1893), Saint Roch distribue ses biens aux pauvres, 1839

Alfred Bruyas, grand mécène du musée Fabre collectionne les peintures de Glaize dont les retables sont présents dans le chœur de l’église.

Saint Roch
Panneau sur bois, XVe siècle, (H.145 – L.75),
Propriété de l’Evêché de Montpellier, en dépôt au musée Fabre, Montpellier

Dès le XVIe siècle, les œuvres d’art illustrent le rayonnement de saint Roch. Le manteau orné de coquilles comme le pèlerin de Saint-Jacques, le grand chapeau aux larges bords et le long bâton, bourdon muni d’un crochet pour la gourde, caractérisent la silhouette traditionnelle de saint Roch en costume de pèlerin.

Saint Roch
Anonyme, 16e siècle
Bois de noyer, 73 cm × 28 cm
98.12.1
Musée Fabre Achat de la Ville de Montpellier, 1998

Son geste est sensiblement le même sur toutes les représentations : relevant sa tunique serrée à la taille, il désigne du doigt la pustule ou bubon de la peste qu’il porte à quelques centimètres au-dessous du pli de l’aine ou plus pudiquement sur la cuisse près du genou.

La statue de Saint Roch du musée Fabre compte parmi les œuvres en bois sculpté les plus anciennes du département. Ces statues de saint Roch, peintes à l’origine, étaient généralement portées en procession sous des dais dorés.

Nombreux sont les objets, peintures, tapisseries, bustes, médailles, sceaux dispersés dans les facultés de médecine, de pharmacie, de sciences et dans les établissements de santé montpelliérains. L’objet le plus symbolique de ce patrimoine hospitalo-universitaire est le sceau de saint Roch portant la date 1664, dont une matrice est conservée à la bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier. Il représente le saint protecteur en costume de pèlerin, pieds nus, tenant d’une main le bourdon et de l’autre un précieux et curieux vase pharmaceutique.

On peut supposer qu’il s’agit d’un vase à thériaque. En effet, la célèbre thériaque montpelliéraine, dont la préparation se faisait solennellement en présence des professeurs de l’Université de Médecine, étant la panacée contre les venins et les maladies contagieuses, ne pouvait avoir de garant plus sûr de sa qualité et de son action que le saint guérisseur de la peste.

Sceau de saint Roch portant les inscriptions sigilvm facvltatis pharmaciae monspell [iensis] et nihil preatiosivs, 1664
Bibliothèque universitaire de médecine de Montpellier