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Sur les côtes françaises

Section 3

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les artistes français portent un nouveau regard sur le paysage côtier : aux représentations romantiques sublimant la force naturelle de la mer succède la vision moins lyrique d’une mer investie par le tourisme balnéaire, en plein essor depuis le déploiement du réseau ferroviaire vers la Manche.

  • Sous la tente
    Helen McNicoll, 1914
    Huile sur toile, 80 cm × 59 cm
    Collection particulière, Toronto
  • La jeune glaneuse ou les papillons
    Paul Peel, 1888
    Huile sur toile, 124 cm × 93 cm
    Inv. AGOID.103793 / PC0761
    Collection Thomson, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto

La vie quotidienne laborieuse et périlleuse des pêcheurs cède la place aux scènes de villégiature, montrant des citadins fortunés se promenant sur le rivage et assistant à des régates.

  • Brise d’été à Dinard
    Clarence Gagnon, 1907
    Huile sur toile, 54 cm × 81 cm
    Collection du Musée national des beaux-arts du Québec Achat. Restauration effectuée par le Centre de conservation du Québec (1937.01)

Ces scènes inspirent également les artistes canadiens, qui se rendent dès le tournant du XXe siècle dans les stations balnéaires prisées de Bretagne et de Normandie. Leurs œuvres montrent un littoral transformé par la vogue des bains de mer, ponctué de digues et de cabines et tentes de bain. Sur les plages inondées de lumière, les vacanciers se délassent dans un monde insouciant. Deux populations se frôlent sans véritable échange. Les scènes de plage réalisées par James Wilson Morrice, Clarence Gagnon ou encore Helen McNicoll reflètent la vie sociale des bords de mer plutôt que la nature côtière, s’éloignant de l’étude inlassable des éléments naturels menée par les impressionnistes.

14 Gagnon - Brise d’été à Dinard
15 Morrice - Régate
16 Lettre de James Morrice - Cancale - Juin 1896
17 Cullen - Laveuses bretonnes
18 Lettre de McNicoll - 1914